Communiqué Maeva ORLIAC / Ref : Proceedings of the Royal Society B

 Communiqué de presse.

Dr. Maeva ORLIAC
Chargée de recherche au CNRS
maeva.orliac@univ-montp2.fr

Ref : Proceedings of the Royal Society B
RSPB20132792p Press_release_ProcB

Objet : Communiqué                  

Les primates, groupe auquel nous appartenons, sont caractérisés par un cerveau de grande taille relativement à leur masse corporelle. L’augmentation du volume du cerveau est donc un paramètre clé de leur évolution. Les primates tels que nous les connaissons aujourd’hui appartiennent au groupe des « Euprimates » ou « primates vrais ». Ce groupe est connu dans le registre fossile depuis le début de l’Eocène, il y a 56 millions d’années environ. Ces premiers « primates vrais » présentent déjà un cerveau plus volumineux que la majorité des autres mammifères contemporains.

Selon les analyses récentes, le groupe le plus étroitement apparenté aux Euprimates est celui des plésiadapoïdes. Ces derniers sont de petits mammifères pesant entre une centaine de grammes et deux kilogrammes, sans descendants actuels, et dont l’allure globale rappelle vaguement celle de l’écureuil. Les plésiadapoïdes ont occupé l’Europe et l’Amérique du Nord entre -58 et -52 millions d’années. Etant leurs cousins les plus proches, les plésiadapoïdes sont cruciaux pour comprendre les premiers stades de l’évolution du cerveau des Euprimates. Cependant, la morphologie endocrânienne des plésiadapoïdes demeurait jusqu’alors méconnue et de nombreuses questions restaient donc en suspens quant aux premières phases de différenciation du cerveau des primates.

 L’investigation des structures internes par microtomographie à rayons X d’un crâne de Plesiadapis tricuspidens provenant du gisement fossilifère de Berru (France, -57 millions d’années), menée par une équipe franco-belgo-américaine (Université Montpellier2, Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique et Université du Michigan), apporte des éléments de réponse fondamentaux pour mieux comprendre l’évolution du cerveau des primates en général. Ce spécimen, conservé dans les collections du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris représente le crâne le plus complet connu à ce jour pour le groupe des plésiadapoïdes. Contre toute attente, il nous apprend que, bien qu’appartenant au groupe le plus proche des « primates vrais », Plesiadapis conserve un cerveau très simple et de très petite taille. Son néocortex (partie du cerveau responsable des fonctions cognitives dites « supérieures » comme la perception sensorielle, le raisonnement spatial ou encore le mouvement volontaire), est très faiblement développé et, de par sa surface réduite, rappelle davantage le cerveau d’un rongeur ou d’un lapin que celui d’un primate actuel. En dépit du petit volume et de la faible surface de la partie néocorticale de son cerveau, qui sont des traits primitifs, Plesiadapis partage toutefois avec les primates actuels une forme particulière du cerveau différente de celle des primates plus « archaïques ». Ces observations nouvelles sur le cerveau de Plesiadapis, présentées dans un article publié aux Proceedings of the Royal Society B, impliquent que la profonde réorganisation de la structure du cerveau, qui a finalement mené à l’émergence des primates tels que nous les connaissons aujourd’hui, s’est opérée bien avant que le cerveau des « primates vrais » n’augmente en taille.

Soutien financier

Cette recherche a reçu le soutien de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), programme PALASIAFRICA (ANR-08-JCJC-0017) porté par L. Marivaux, ainsi que du Service Publique de la Politique Scientifique Belge, projets MO/36/020 et BR/121/A3/PALEURAFRICA, portés par T. Smith.

 Informations complémentaires

Merci de contacter :

Dr. Maeva ORLIAC Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (UMR-CNRS 5554),
Université Montpellier 2. Tel : 04 67 14 49 44 (labo) Mèl : Maeva.Orliac@univ-montp2.fr ou

Dr. Sandrine Ladevèze
Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris Tel : 01 40 79 30 24 Mèl : ladeveze@mnhn.fr

 Bibliographie

Orliac M.J, Ladevèze S., Gingerich P.D., Lebrun R, Smith T. accepté. Endocranial morphology of Palaeocene Plesiadapis tricuspidens and evolution of the early primate brain. Proceedings of the Royal Society B: Biology

 

SÉMINAIRE DU LUNDI 24 | Guillaume Guinot

dpt_gepi_stuff_guinot_guillaumeMélanie Debiais-Thibaud a invité Guillaume Guinot, en post-doc à Genève, pour nous parler de:
Phylogénies, registre fossile et tendances évolutives inférées chez les « poissons »

Les nombreux biais qui affectent la qualité du registre fossile empêchent la lecture directe des courbes de paléobiodiversité brute. Il est donc nécessaire d’avoir recours à des approches analytiques pour corriger ces variations de diversité dans le but d’obtenir un aperçu plus réaliste de l’histoire évolutive d’un groupe biologique. Puisque les informations relatives aux relations phylogénétiques et au registre fossile représentent deux jeux de données indépendants, la mise en commun de ces données représente une approche unique pour appréhender les caractéristiques évolutives d’un groupe biologique. Bien que les « poissons » soient une composante majeure de la diversité des vertébrés marins et dulçaquicoles depuis le Paléozoïque, les caractéristiques de leur histoire évolutive restent très mal connues. Cette présentation propose une évaluation de différentes phylogénies de deux groupes de « poissons » (actinoptérygiens et eusélaciens) au niveau familial, de leur adéquation avec le registre fossile ainsi que l’identification des variations de paléobiodiversité pour ces deux groupes. Des facteurs environnementaux globaux sont proposés pour expliquer les évènements évolutifs majeurs identifiés.

‘Fish’ phylogenies, fossil record and inferred palaeobiodiversity patterns

Direct reading of raw palaeobiodiversity curves is hampered by various biases affecting the fossil record quality. Hence, analytical approaches are needed to correct observed diversity patterns in order to achieve more realistic pictures of palaeobiodiversity variations. Because phylogenetic trees and stratigraphic ranges of corresponding terminal taxa provide two independent sets of data, comparing both data represents a unique way of testing the historical pattern of evolution. Although ‘fish’ groups represent the major component of marine and freshwater vertebrates since the Palaeozoic, patterns of the ‘fish’ fossil evolutionary history remain largely unknown. This talk presents an assessment of various family-level phylogenetic hypotheses for two major ‘fish’ groups (actinopterygians and euselachians), their fit to the fossil record and corresponding corrected palaeobiodiversity patterns. Global environmental factors are proposed as possible drivers of observed major palaeodiversity events.

Rendez-vous salle Louis Thaler, à 11h, bâtiment 22, 2ème étage, UM2.

SEEM EVOLUTION | Ellen Simms | Vendredi 21 février 2014, 11h30 – 12h30

Ellen SimmsEllen Simms (University of California, Berkeley),
Effects of resource enrichment on mutualist inter-generational feedbacksSpecialized species interactions produce inter-generational feedbacks that help structure communities. Specialized mutualistic interactions are predicted to produce positive inter-generational feedbacks that could create patchy distributions among mutualist species. Soil-dwelling rhizobia can infect legume roots and fix nitrogen, though legumes can also use mineral nitrogen in the soil as an outside option when trading with rhizobia. In our coastal dune field system, both rhizobium clades and legume species exhibit persistently patchy distributions. Could positive inter-generational feedback between legume and rhizobium communities contribute to their patchy distributions? A two-generation mixed-inoculation greenhouse experiment using naturally co-occurring legumes and rhizobia affirms the prediction that this mutualism produces positive inter-generational feedbacks. By conducting this experiment at two levels of mineral nitrogen, we further test whether environmental conditions that change the relative costs and benefits of mutualism alter inter-generational feedback.(contact : Ophélie Ronce)
le vendredi 21février à 11h30 salle Louis Thaler (UM2, bat 22, 2e étage)
LABEx CeMEB
Séminaire d’Ecologie et Evolution

SEEM Ecologie | Sébastien Barot | vendredi 28 février

Sébastien Barot (Laboratoire Biomeco)
Evolution des traits permettant aux plantes de contrôler le recyclage des nutriments, un modèle spatialisé

Les plantes influencent le recyclage des nutriments minéraux par de nombreux mécanismes (absorption des nutriments minéraux, qualité de leur litière, priming effect rhizosphérique, fixation symbiotique de l’azote … ). Les traits (foliaires, racinaires) correspondant sont soumis à la sélection naturelle et ont dû évoluer dans le passé pour aboutir aux différentes stratégies de recyclage que l’on peut distinguer. Ces traits sont sans doute aussi en train d’évoluer sous l’effet du changement global. De plus en plus d’études empiriques vont dans ce sens mais peu de modèles permettent de faire des prédictions générales. Le séminaire partira d’un modèle analytique de dynamique adaptative portant sur l’évolution de la capacité d’absorption des nutriments minéraux. Il montrera ensuite se qu’apporte la spatialisation de ce modèle, et montrera que la spatialisation est indispensable pour simuler l’évolution n’affectant qu’indirectement la fitness des plantes comme la capacité à contrôler la minéralisation. Ces modèles permettent entre autre de prédire comment la stratégie de recyclage évolue avec la richesse de l’écosystème en nutriments minéraux et comment cette stratégie dépend aussi de certains traits d’histoire de vie.

(contact N. Fromin – CEFE)

Vendredi 28 février 2014, 10h
Grande salle de réunion du CEFE, CNRS, Route de Mende

LABEx CeMEB
Séminaire d’Ecologie et Evolution

 

 

 

SEEM Evolution | Emanuel Fronhofer | vendredi 28 février

Emanuel FronhoferEmanuel Fronhofer
Evolution of dispersal: on models, mites and microcosms

Dispersal is one of the core processes governing (meta-)population and (meta-)community dynamics. As a consequence understanding the causes and consequences of dispersal is a central endeavour in ecological and evolutionary research.

Two challenges have often been described for dispersal research: 1) the frequent focus on emigration which leads, for instance, to little knowledge about the evolutionary dynamics of dispersal distances and 2) the rare integration of theory and experiments.

I will address some aspects of both shortcomings by presenting theoretical evidence for the evolution of dispersal distances incorporating the effects of trade-offs, density-dependence and spatially correlated local extinctions. I will link the latter aspect to experimental results for the evolution of dispersal distances in the spider mite Tetranychus urticae.

contact: Alex Kubish

Vendredi 28 février 2014, 11:30 – 12:30
Salle Louis Thaler, ISEM, UM2, Bât. 22, 2ème étage

LABEx CeMEB
Séminaire d’Ecologie et Evolution

Séminaire du Lundi / Komai Kadowaki / 10 fev

C’est Komei Kadowaki (Equipe de Nicolas Mouquet) qui nous parlera de deux de ces projets de recherche en écologie des communautés.
Venez nombreux l’écouter à 11h, salle Louis Thaler, le 10 février.

1) Competition–colonization dynamics of spore-feeding beetles on the long-lived bracket fungi Ganoderma in New Zealand native forest

Abstract:
We investigated the competition–colonization dynamics of three species of spore-feeding beetles on wood-decaying bracket fungi, Ganoderma spp., in New Zealand. One beetle species (Holopsis sp. 1) was a pore-tube specialist hypothesized to be superior in exploitative competition; the other two (Zearagytodes maculifer and Holopsis sp. 2) were surface grazers.

We surveyed beetle abundance, daily spore release per square centimetre, pore surface area, and environmental variables over 30 patches (sporocarps) monthly for one year. We constructed a competitive-interaction web by fitting models to the cross-sectional resource–multiconsumer data. We compared flight behaviour and the associated physiological traits of beetles in wind tunnel experiments, and morphological characters.

An examination of the competition–colonization dynamics found (1) the competitive equivalence of Holopsis sp. 1 to Z. maculifer and superiority to Holopsis sp. 2; (2) a reduced population persistence time of Z. maculifer that results from the dominance of Holopsis sp. 1; (3) the dominance of Z. maculifer and Holopsis sp. 1 in larger patches and that of Holopsis sp. 2 in smaller patches; (4) a greater spatial extent of population synchrony in Z. maculifer than in the Holopsis spp.; and (5) more frequent departures (takeoffs) of Z. maculifer than of Holopsis spp., concordant with its greater development of flight muscles and longer hindwing.

These beetles may coexist through two types of spatial niche partitioning, each of which explains the pairwise coexistence of competitors but not the coexistence of the three species: Z. maculifer can evade competition with Holopsis sp. 1 by flying frequently or strongly to colonize distant patches, whereas Holopsis sp. 2 can dominate only in smaller and newly emergent patches until the arrival of Holopsis sp. 1.

2) Assembly-History Dynamics of a Pitcher-Plant Protozoan Community in Experimental Microcosms

l  History drives community assembly through differences both in density (density effects) and in the sequence in which species arrive (sequence effects). Density effects arise from predictable population dynamics, which are free of history, but sequence effects are due to a density-free mechanism, arising solely from the order and timing of immigration events. Few studies have determined how components of immigration history (timing, number of individuals, frequency) alter local dynamics to determine community assembly, beyond addressing when immigration history produces historically contingent assembly.

l   We varied density and sequence effects independently in a two-way factorial design to follow community assembly in a three-species aquatic protozoan community.

l   A superior competitor, Colpoda steinii, mediated alternative community states; early arrival or high introduction density allowed this species to outcompete or suppress the other competitors (Poterioochromonas malhamensis and Eimeriidae gen. sp.). Multivariate analysis showed that density effects caused greater variation in community states, whereas sequence effects altered the mean community composition.

A significant interaction between density and sequence effects suggests that we should refine our understanding of priority effects. These results highlight a practical need to understand not only the ‘‘ingredients’’ (species) in ecological communities but their ‘‘recipes’’ as

Société française d’écologie, Amphithéatre vendredi 7 février

Société française d’écologie, Amphithéatre du CNRS, Route de Mende.

– Remise du Grand Prix Recherche SFE 2013 à Claude Combes et du Prix recherche SFE 2013 à Stephan Hättenschwiler.

Conférence par Claude Combes, Professeur émérite de l’Université de Perpignan et membre de l’Académie des sciences:
« La révolution du langage »

Depuis presque 4 milliards d’années, la combinatoire sans fin du langage des gènes a
donné naissance aux cellules, aux individus, aux espèces, aux plans d’organisation, en un
mot à la biodiversité. Il y a peu (à l’échelle de l’évolution) un autre langage a révolutionné les relations entreles individus et entre les groupes d’individus d’une lignée de primates. Les pressions de sélection qui ont généré cette révolution ne vont pas de soi et donnent lieu actuellement à beaucoup de débats. L’émergence d’un langage symbolique et syntaxique, exacerbant les coopérations et les conflits, est de plus en plus considérée comme l’événement qui, par ricochet, a bouleversé les équilibres de la planète.

Conférence par Stephan Hättenschwiler, Directeur de recherche CNRS au CEFE: « Effets en cascade de changements dans la disponibilité des ressources sur le fonctionnement des écosystèmes »

La quantité de ressources directement disponibles a une grande influence sur
l’abondance et la distribution des organismes. Les changements actuels de
l’environnement modifient la disponibilité des ressources, impactant la physiologie des
organismes ainsi que leurs interactions trophiques et compétitives. Les conséquences à
l’échelle de l’écosystème peuvent être considérables. En m’appuyant sur les travaux que
nous avons réalisés dans différents types d’écosystèmes terrestres, allant des écotones
alpins d’altitude aux forêts tropicales humides, je présenterai quelques effets en cascade
des changements dans la disponibilité des ressources. Les interactions trophiques, aussi
bien au dessus du sol que dans le sol, sont la clef pour comprendre les conséquences
d’une modification des ressources pour le fonctionnement de l’écosystème.