Saunders paul

paul.saunders@univ-montp2.fr
Post-Doctorant(e)

Je m’intéresse principalement à l’évolution du déterminisme du sexe et à l’évolution des chromosomes sexuels. J’utilise une variété d’approches et d’outils (bioinformatique, cytogénétique, modélisation…) afin de mieux comprendre (i) les causes ultimes responsables de transitions entre différents systèmes de déterminisme du sexe, et (ii) l’origine ainsi que l’évolution (structure et séquence) de jeunes chromosomes sexuels. Je suis aussi intéressé par d’autres sujets de recherche, tels que les conflits génomiques et l’évolution de certains types d’éléments génétiques égoïstes (distorteurs de ségrégation/transmission).

Mon projet actuel vise à analyser l’origine et l’évolution des chromosomes sexuels et néo-chromosomes sexuels de la souris naine africaine Mus minutoides, via l’analyse de données de génomique et transcriptomique.

M. minutoides est l’un des rares mammifères n’ayant pas un système de déterminisme du sexe hétérogamétique classique (XX/XY). Chez cette espèce, un troisième chromosome sexuel a émergé il y a environ 1 million d’années : le X*. Ce chromosome dérive du chromosome X, et porte un gène féminisant (toujours inconnu), responsable de la féminisation des embryons XY. Par conséquent, tous les mâles sont XY chez la souris naine, et les femelles peuvent avoir l’un des 3 caryotypes suivants : XX, XX et XY. De plus, dans la plupart des populations naturelles échantillonnées, les chromosomes sexuels sont fusionnés à des autosomes (chromosome 1), formant des « néo-chromosomes sexuels ». De manière remarquable, dans une population d’Afrique du Sud (notre population d’intérêt), alors que le X et le Y sont fusionnés au chromosome 1, le chromosome X est fusionné au chromosome 16, à cause d’une translocation réciproque de bras chromosomique entier.

Des analyses préliminaires suggèrent que le chromosome X* a subit des réarrangements structurels importants, et que la recombinaison des néo-chromosomes sexuels est limitée. Par conséquent, différents compartiments du génome de la souris naine Africaine ont acquis une transmission restreinte au sexe mâle ou femelle, à différents moments de leur histoire évolutive. Ce système constitue un cadre de recherche inédit pour tester les prédictions classiques de l’évolution des chromosomes sexuels (arrêt de recombinaison, sexualisation du contenu en gènes et de leur expression, dégénération des régions limitées à un sexe…), et mieux comprendre les forces évolutives s’appliquant aux systèmes de déterminisme du sexe polygéniques. Les travaux de génomique menés représentent aussi une opportunité d’identifier des gènes candidats pour expliquer l’inversion du sexe des individus X*Y, et ainsi mieux comprendre les mécanismes moléculaires et développementaux impliqués dans la cascade génique du déterminisme du sexe des mammifères.

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Court CV:

  • Sept. 2012 - Dec. 2015: Doctorat – Université de Montpellier, France – Supervision: Janice Britton Davidian & Frédéric Veyrunes.
  • Juil. 2016 - Juil. 2018: Post-doctorat – Université de Lausanne, Suisse – Supervision: Nicolas Perrin.
  • Sept. 2018 - Sept. 2020: Post-doctorat– Université de Montpellier, France – Supervision: Frédéric Veyrunes & Pierre Boursot.
  • Nov. 2018 - Fev. 2019: Visiting postdoc – Earlham Institute, Norwich, UK. Collaborateur: David Thybert.

Mots-clés :

Déterminisme du sexe ; chromosome sexuels ; génomique ; transcriptomique ; Bioinformatique