GENETIQUE DE LA CONSERVATION

La génétique de la conservation est un thème transdisciplinaire faisant appel à la génétique évolutive et aux avancées récentes de la génomique pour proposer un cadre scientifique au suivi, à la conservation et à la restauration de la biodiversité. Elle constitue un outil puissant permettant de répondre à une préoccupation sociétale majeure, et est ainsi de plus en plus utilisée en amont des stratégies de conservation.

Au sein de l’équipe, nous utilisons des approches variées correspondant à différentes échelles spatio-temporelles (phylogénie, phylogéographie et génétique des populations) permettant de répondre à des problématiques appliquées telles que :

– la conservation des espèces à valeur patrimoniale
– la dynamique des espèces invasives
– la gestion de stocks captifs
– le traçage du commerce illégal de la biodiversité.

En amont de nos travaux, nous menons une réflexion sur le cadre théorique sur lequel repose l’interprétation des patrons évolutifs (e.g. limites d’espèces, Evolutionarily Significant Units, notion de valeur patrimoniale dans un contexte évolutif, notion de barcode).

La spécificité de notre approche réside dans la finalité appliquée de l’utilisation de l’outil moléculaire, impliquant un accompagnement des retombées scientifiques auprès des partenaires locaux.

Le cadre technique de nos investigations bénéficie de la spécificité de la plateforme « ADN dégradé » de l’ISEM, afin de développer des méthodes non-invasives pour le suivi des populations sauvages. De plus, nous nous intéressons particulièrement à l’application des outils de la génomique (mitogénomes, génotypage par séquençage, metabarcoding) dans les thématiques de conservation de la biodiversité.

Quelques projets en cours :

1) Traçage moléculaire du commerce de la viande de brousse en Afrique tropicale.
2) Caractérisation moléculaire des réseaux trophiques lagunaires à travers l’étude des régimes alimentaires des gobies de Méditerranée (Pomatoschistus) : application à la gestion des écosystèmes lagunaires de Méditerranée.
3) Application de la génomique et de méthodes non-invasives à l’étude du mode de vie d’un taxon à haute valeur patrimoniale, le loup africain (Canis lupus lupaster).
4) Evolution des pangolins (Pholidota) et mise en place d’un outil de traçage de leur commerce mondial.
5) Caractérisation de la diversité génétique d’un poisson amazonien hautement menacé (genre Arapaima) à l’aide d’échantillons non-invasifs et de méthode de séquençage haut débit.